La voie de la beauté, extrait, conseil pontifical de la culture, 2006

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                     Ce passage du phénomène au fondement ne se fait pas spontanément pour qui n’est pas apte à passer du visible à l’invisible, parce qu’une certaine accoutumance à la laideur, au mauvais goût, à la grossièreté, se voit promue, tant par la publicité que par certains « artistes fous » qui érigent en valeur l’immonde et le laid, dans le but de susciter le scandale. Les fleurs captieuses du mal fascinent : « Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme, ô Beauté ? », s’interroge Baudelaire. Et Dimitri Karamazov confie à son frère Aliocha : « La Beauté est une chose terrible. Elle est la lutte de Dieu et de Satan, et le champ de bataille, c’est mon cœur ». Si la beauté est image du Dieu créateur, elle est aussi fille d’Adam et Ève et à leur suite marquée par le péché. L’homme souvent risque de se laisser prendre au piège de la beauté prise pour elle-même, l’icône devenue idole, moyen qui engloutit la fin, vérité qui emprisonne, piège dans lequel tombent nombre de personnes, faute d’une formation adéquate de la sensibilité et d’une juste éducation à la beauté.

 

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