nus à la sanguine (dessin)

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    Le nu féminin chrétien a retrouvé dans l'art profane, en se transposant de la sculpture à la peinture, le paradoxe antique de la représentation de la beauté nue qui, loin de susciter l'impatient désir des mortels, l'intimide et lui apprend à rêver. Naturellement, les peintres du XVI°, pas plus que ceux de Pompéi et Herculanum, n'ignorent pas le nu excitant, circulant sous le manteau, et exclus de l'art.

     C'est alors que s'impose à l'art européen profane et laïc, la distinction faite par Kenneth Clark entre nude, habillé et ennobli de nudité, et naked, déshabillé, offert au désir et allumant le fantasme. Le nu artistique, dans la peinture moderne, comme le nu des statues divines, dans les temples antiques, a pour loi d'être contemplé et savouré en repos (frui), aux antipodes du désir et de la consommation (uti). Mieux que la statuaire, la peinture met à distance le corps nu qu'elle sait faire vivre pour les sens tout en le donnant pour une fiction qui les enchante au moment même où elle leur échappe. Elle leur apprend à s'intérioriser dans le recul et la distance.

 

Marc Fumaroli, de l'académie française

 

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 Espoir, sanguine de nu, 38*65cm

 

nue assise, dessin à la sanguine, 50*65 cm

  

Nue sur coussin, dessin à la sanguine, 50*65cm